LES RUSES
ANONYMES
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Le titre de cette série est tiré de l’ouvrage « L’Invention du Quotidien : Arts de Faire » de Michel de Certeau.
Le philosophe y développe l’idée que la vie ordinaire n’est pas une simple soumission aux systèmes (institutions, médias, ville, consommation) mais que les individus y inventent sans cesse des tactiques pour s’approprier ce qui leur est imposé. Ces “arts de faire” sont des ruses qui permettent de vivre le quotidien selon ses propres désirs.
En m’inspirant de cet ouvrage, j’ai imaginé une série conçue comme un collage : un continuum de photographies - prises entre 2015 et aujourd’hui - et de textes - issus de l’oeuvre de Michel de Certeau, de discours politiques, témoignages anonymes - qui se répondent. Mon objectif ici est de faire dialoguer l’individuel et le collectif, la tactique et le système.
Chaque fragment — portrait, paysage, nature morte — devient une “manière de faire”, une tactique discrète par laquelle le sujet ainsi que moi-même nous arrangeons avec ce qu’impose le réel. Le portrait, point de départ de chaque séquence, ouvre un espace où les individus apparaissent non comme des identités figées, mais comme des inventeurs de parcours. À travers eux, l’image cesse d’être un simple document : elle devient un acte.
La série propose ainsi une cartographie, une ville intérieure autant qu’extérieure, traversée d’histoires anonymes. Ce travail explore la tension entre cadres imposés et libertés saisies, entre discours dominants et inventions minuscules. Le collage devient alors une forme de résistance poétique : une façon de regarder comment, dans nos vies ordinaires, chacun s’invente une manière propre d’habiter le monde.